Ceci n’est pas un traversier! (Pedro Magritte)
4 juillet, 3:00 du matin, l’alarme du téléphone sonne. Il faut se lever et se rendre au quai d’embarquement du traversier qui nous transportera à Terre-Neuve. Heureusement qu’il y a Tim…
Nous sommes arrivés la veille à North Sydney pour y passer la nuit dans le stationnement du Atlantic Superstore. Une journée de pluie et de grisaille qui nous guide naturellement vers un petit café du centre-ville. Moment de rédaction, de lecture et de recherche.
North Sydney a certainement connu des jours meilleurs durant tout le 19e siècle alors que la ville était un centre majeur de construction navale. Et aussi, lors des deux guerres mondiales, lorsque la ville servait de centre de communication important entre les forces alliées en Europe et les capitales Ottawa et Washington. Aujourd’hui, le centre-ville est gris, les commerces livides ou carrément fermés. L’accès au bord de mer est réservé aux bateaux et tout ce qui va avec. Tout est bétonné ou empierré. On y vient pour prendre ou débarquer d’un traversier. Point.
Enfilés dans un long chapelet de VR, nous sommes à l’arrêt. Il est 3:15 du matin. La noirceur de la nuit est diluée par ces immenses lampadaires qui surplombent le vaste stationnement où sont parqués tous les véhicules qui monteront à bord du traversier MV Highlanders. Départ prévu : 6:00. On a pensé se recoucher mais il y a beaucoup d’activité à l’extérieur. Les employés de Marine Atlantic vont et viennent, les voyageurs sont fébriles, les enfants ont envie d’aller aux toilettes, les chiens aussi… bref ce n’est pas le temps de dormir.
Et puis, tranquillement, très tranquillement, les chose commencent à bouger. On voit les signaleurs avec leur dossard orange s’activer au début des files. 3 files de voitures, 1 de VR et 3 de camions semi-remorques. Commence alors un ballet parfaitement orchestré où on laisse embarquer en alternance un savoureux mélange bien équilibré de voitures et de camions. Ces files se vident petit à petit tandis que la file des VR demeure intacte. Curieux sentiment d’abandon qui dure et dure. Puis, enfin, le petit monsieur au dossard orange s’intéresse à notre file. Le mouvement est lancé, nous bougeons de quelques centimètres. Puis de quelques mètres. Finalement, on quitte la terre ferme sur une passerelle métallique. Nous voilà embarqués! La chance est avec nous, il fait beau, la mer est calme. La traversée durera 6 heures.
Haïku de Sushi
Voyage d’été
Les amants partent en vacances
Dans les bras de l’aube
Et vogue le bateau dans ce golfe St-Laurent titanesque qui a laissé passer tant de vaisseaux au cours des derniers siècles mais qui en a aussi englouti un bon lot. Tant d’histoires, l’histoire de l'Amérique du Nord, notre histoire intime prend pour source ce golfe aux eaux froides et poissonneuses. Voie d’entrée unique au monde qui a permis à tant de cultures de circuler et de pénétrer au plus profond de l’Amérique via le fleuve St-Laurent, puis les Grands Lacs jusqu’aux multiples affluents qui percent le territoire jusqu’aux Rocheuses, au golfe du Mexique et à la baie d’Hudson. Et nous sommes là, petits, tout petits sur notre traversier croisant ces innombrables destinées de l’histoire voguant vers une terre nouvelle, une Terre-Neuve.
L’arrivée à Port-aux-Basques, Terre-Neuve













Votre voyage jusqu'à maintenant est extra. Et vos photos initiales pour chacun de vos posts, surtout les derniers, sont plus qu'originale et elles attirent l'attention sans équivoque. Merci de nous partager votre épopée <3
RépondreSupprimerCoucou les amants. Tellement agréable de vous lire et voir les photos. On e route. Adelita
SupprimerQuand un photographe écrivain et une poète se mettent ensemble, ça fait des superbes histoires de voyage ! Merci ! Ma belle Anne, encore une fois, super haïku 🙏❤️ ... Le 24 août arrive, lentement mais sûrement...
RépondreSupprimerQuelle galanterie, d'amener sa douce en croisière. Moi ''cheap'' comme je suis, je lui offre tous les 5 ans le traversier Québec-Lévis. Quand j'ai vu ta photo Pedro seul sur le banc avec l'insigne No Smoking, ça m'a fait de la peine, un bateau si plein à l'embarquement pourquoi les gens te fuient à ce point...et j'ai compris tout le monde était au fumoir.
RépondreSupprimerLe Pirate des Caraïbes.
Oh! Quelle belle description de votre aventure de croisiéristes. Bizarrement, ce paysage me rappelle celui des îles de la Madeleine, maisons colorées en moins. Quel relief plat! Hâte de vous lire à nouveau!
RépondreSupprimerI like that we get to see the not-so-romantic part of the travels, and yet, your words (and Sushi's poetry) make it sound so lovely none-the-less. Looking forward to the next post! [didi]
RépondreSupprimerJe parle le français tres peu. Je regrette je parle a l'Anglais! Your travels are magnificent, and so is your photography!! I can smell the fresh air in your photos. What exciting travels! Thank you for inviting me to view your blog. I will continue to check it out. A few weeks (months?) back, I decided to refresh my high school French by doing Duolingo on my phone. I was not impressed with that method to re-learn what I have forgotten, but perhaps I'll give it more effort to be able to communicate better with the two of you. Safe travels! Continue having fun!! Tim
RépondreSupprimerHeureusement qu’il y a Tim…, Pedro Magritte, prise de vue Port-aux-Basques, Haiku Sushi ; sublimes ! Soeurette Osio xx
RépondreSupprimerTrès chers voyageurs de l'extrême Est du pays, vous êtes tout simplement des artistes. Vos photos magnifiques, vos textes sublimes et la poésie tout à fait charmante et très inspirée sont les preuves de votre très grand talent. Oui, pour moi, il n'y a aucun doute, vous êtes des artistes Pedro y Sushi. Bravo!
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