Parc national du Gros-Morne
Au petit matin, on reprend la transcanadienne à Corner Brook et on prend la direction du parc national du Gros-Morne. Depuis que l’on est descendu du traversier à Port-aux-Basques et que l’on roule, on ne peut s’empêcher de remarquer les dommages causés aux forêts de conifères par la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Des massifs complets de forêts attaqués, une vaste canopée qui a perdu son vert profond au profit d’une teinte rougeâtre, moribonde. Des milliards de chenilles sont en train de grignoter rapidement et sûrement les aiguilles des sapins et épinettes de la côte ouest de Terre-Neuve. Ils sont en pleine épidémie depuis 2021.
Oui, je comprends que cela fait partie du cycle naturel mais n’empêche, c’est d’une tristesse infinie de voir disparaître, en l’espace de quelques années, les magnifiques paysages forestiers qui nappent les montagnes et les collines. D’ici un an ou deux maximum, ces collines, montagnes, coulées, petits massifs alpins centenaires seront dénudés d’aiguilles, seront devenus des squelettes… il ne restera que d’immenses forêts de chicots grisâtres à contempler. Et tout ce joyeux combustible n’aura qu’à attendre quelques éclairs ou humains négligents pour s’enflammer à qui mieux mieux. Je sais, cela aussi fait partie du cycle naturel… Bien sûr la province s’active et mène le combat mais les superficies affectées sont très grandes et la tordeuse est très efficace. Malgré ces efforts de lutte, on ne pourra pas tout sauver.
La tordeuse ne connaît pas de frontière administrative et la parc du Gros-Morne représente un super beau buffet pour elle! Elle s’est invitée et est restée pour le déjeuner, le dîner et le souper. Les forêts sont très affectées, partout où l’on porte le regard, on peut observer les dommages passés et en cours. Je l’ai écrit, c’est d’une tristesse infinie…
Et que font les autorités du parc? Nada, rien, nothing! Parcs Canada dit qu’il faut laisser faire la nature… Là, je décroche. On a investi de l’énergie et des centaines de millions de dollars pour créer, aménager et entretenir nos parcs afin d’en faire profiter les générations passées, actuelles et futures et on accepte de laisser les incendies forestiers et les épidémies d’insectes tout raser! J’ai beaucoup de difficulté avec ce dogme. Mais bon… voilà, mon éditorial est terminé.
Donc, le parc du Gros-Morne, un parc mythique dans la grande famille des parcs nationaux du Canada, et avec raison. Des fjords et des sommets montagneux dominent majestueusement un paysage contrasté, fait de plages, de tourbières, de forêts et de falaises accidentées. Né de la collision continentale et ciselé par les glaciers, le paysage ancien du parc du Gros-Morne figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un paradis pour tous ceux et celles qui sont sensibles à la beauté mystérieuse et fulgurante des forces de la Nature et du Temps.
Créé en 1973, le parc, d'une superficie de 1 805 km2, est particulièrement réputé pour la richesse de sa géologie. Il possède une portion du fond océanique de l'ancien océan Iapetus et du manteau terrestre exposé, ce qui en fait un bon terrain d’étude pour la tectonique des plaques. Il est aussi reconnu pour la beauté de ses vallées glaciaires, dont celle de l'étang Western Brook.
On peut dire que le parc est scindé en deux parties qui sont séparées par la Baie Bonne qui avance profondément à l’intérieur des terres. Au sud de la Baie, se trouve, entre autres, les sentiers Lookout, Tablelands et Green Gardens. Au nord de la baie, on y rencontre, parmi plusieurs autres sentiers, celui du Gros-Morne et du Coastal ainsi que le point de départ du bateau qui offre des tours dans l’étang Western Brook.
Nous avons prévu 9 jours pour explorer le parc répartis dans 3 campings différents : Birchy Head, Berry Hill et Green Point.
Sentier Lookout (6 km)
Le départ du sentier se prend dans le stationnement du Centre de Découverte du parc. La montée est immédiate, sans répit, de virage en lacet au prochain virage en lacet, on s’élève à travers la forêt mixte humide et moussue. On commence à avoir des points de vue sur la baie Bonne et sur les montagnes du Tablelands.
Sentier Tablelands (6 km)
Les roches du parc national du Gros-Morne contiennent certains des meilleurs exemples visibles de la tectonique des plaques sur la planète. Elles sont un exemple classique de processus et d'événements qui façonnent la Terre. Lorsque deux continents sont entrés en collision il y a 460 millions d'années, les Tablelands et les roches du fond marin y étant associées ont été poussées sur la croûte continentale lorsque Les Appalaches ont commencé à se former. Les roches des Tablelands se sont formées dans le manteau supérieur de la Terre, sous un ancien océan. Il s'agit d'une roche ignée appelée péridotite.
Le sentier nous entraîne dans une vallée encaissée au fond de laquelle coule le ruisseau Winter House. Le coup d’œil est féerique, on a l’impression de faire partie de la Compagnie de l’Anneau, dans le film Le Seigneur des anneaux, et que l’on s’apprête à entrer dans la Terre du Milieu! Ça défrise…
Et la toute petite, mais non moins féroce, plante carnivore qui peuple ces lieux inhospitaliers, la délicate Drosera à feuilles rondes.











































































































Touchants, les touches rougeâtres des ces plantes indigènes exceptionnelles parmi la rocaille dénudée, les ocres et les bleus des péridotites et serpentinites, les verts intenses et les gris de ces forêts tantôt en santé, tantôt en péril, tout cet espace, et le haïku de Sushi, sublimes!
RépondreSupprimerPuis les couleurs de l'Anse Old Man, les chutes du Sentier Grand Morne, les couleurs de la forêt et de Anne éclairées par un soleil couchant, touchant... suivies du sommet rejoint, BRAVO!!! Avec LE panorama et ses verts et bleus des montagnes, un haïku de Sushi pour nous faire encore rêver, la présence du quartzite, la montagne de falaises sinueuses et ridées, c'est grandiose!
Et pour terminer, le visage de profil au long cou des rives du Western Brook, surprenant! Avec une 'tite surprise, ...tadam!!! La binette de nos tourteraux avec Lucie et cie!!! Yes, chouette! Have fun la belle 'tite gang! Bisou!
Marie😊
RépondreSupprimerOn dirait Fredon et Fredonne à la découverte de milles lieux. Magnifique! Et qui sur leur route, de découvertes en découvertes, rencontrent leurs amies. On dirait l’histoire d’un certain Best seller bien connu 😉. Bonne suite à vous et salutations particulières à Lucie 👏😊.
RépondreSupprimerEt toujours un plaisir de lire tes haïkus Anne ! Quelle bonne idée cette poésie dans le post. Pis au risque de paraître hyper superficielle, j'adore tes pantalons de Sutton 😉😍
RépondreSupprimerOh, I remember The Gully well! I suspect you both climbed it with less moaning than I. Glorious accounts; thank you. A big hello to Lucie and Geneviève!
RépondreSupprimerPetit commentaire-observation bien anodin pour ce post aux photos fantasmagoriques : ils ont eu la brillante idée de recouvrir la serpentinite de broche à poule pour la protéger de l'érosion ! Utile et très beau en même temps......Soeurette Osio xxx
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