TNL - Sur la route des ancêtres français!

 


Remarquez sur ce panneau de signalisation le savoureux sens de l’humour des terre-neuviens…

Dès les premiers 100 mètres en quittant le traversier, on comprend tout de suite que l’on est débarqué dans un univers parallèle sans pareil au Canada, un monde où la roche nue est reine, où les très vieilles montagnes arrondies dominent l’île, où les humains ont choisi de bâtir leur vie le long du littoral déchiqueté en faisant face à la mer infinie… pour en vivre.

D’abord habitée par les peuples autochtones, les Béothuks (Shanawdithit, la dernière des Béothuks, succomba à la tuberculose à St. John’s en 1829, ce fut la fin d’un peuple!), visitée par les Vikings puis découverte par les explorateurs européens au 16e siècle, Terre-Neuve-et-Labrador est la dernière province à avoir joint la Confédération canadienne en 1949, à l’issue d’un référendum serré.


Avec une population de 541 000 habitants, la province est une des provinces les moins peuplées au Canada, après la Saskatchewan. Les terre-neuviens ont judicieusement choisi la sarracénie pourpre, le macareux moine et l’épinette noire comme emblèmes floral, aviaire et arborescent pour exprimer leur signature identitaire. Ici pas de demie mesure, le territoire est rude et ces espèces emblèmes ont su parfaitement s’adapter, tout comme les gens qui vivent sur cette île depuis des siècles!


En empruntant le ruban sinueux de la transcanadienne qui longe la côte ouest de l’île, on amorce un périple qui nous fait traverser des paysages magnifiques et nous fait découvrir la terre d’accueil historique des pêcheurs français (installés depuis le début du 17e siècle) et des acadiens (déportés en 1755). Celle-ci se divise en deux parties selon la période. Le French Shore fut reconnu par le Traité d'Utrecht de 1713entre la France et l'Angleterre. Il s'étendait de Bonavista à la Pointe Riche en passant par le détroit de Belle-Ile au Nord. la côte dite du French Shore leur était réservée en exclusivité, les ressortissants anglais n'y ayant pas le droit de pêche et d'établissement.


En 1783 une révision du traité déplaçait le French Shore du Cap St John au Cap Ray. Cette disposition sera maintenue jusqu'à la convention de 1904 qui supprime tous droits de pêche des français sur le littoral des côtes Terre-Neuviennes à l'exception des îles Saint-Pierre et Miquelon qui, perdues en 1713, redeviennent françaises par le traité de Paris en 1763.



Source : Atelier du Patrimoine Maritime de Dahouët


Les toponymes français de villages et de petits hameaux subsistent toujours (bien que plusieurs ont été soit oubliés soit anglicisés) et nous révèlent à la fois le côté pragmatique et l’originalité de ces ancêtres : Cap Anguille, L’Anse aux Canards, Port au Port, Port au Choix, Point au Mal, Cap du Boutte, Petit Jardin, Grand’Terre, Grandois, Croque, Conque, Fleur de Lys.


La péninsule du Cap St-Georges

On quitte la transcanadienne pour accéder à la péninsule de Cap St-Georges qui s’élance telle une flèche acérée dans le golfe. Ce fut un des lieux de peuplement français important et on y retrouve toujours trois communautés francophones.



La route qui longe la côte est sinueuse et nous offre des points de vue sur les falaises qui s’élèvent et replongent dans la mer après chaque petite anse que l’on croise. Les massifs de rosiers sauvages blancs semblent vouloir engloutir la route. Les anses sont occupées par de petites maisons, des entrepôts de pêche, des bateaux amarrés. Un petit ciel aux rayons de soleil un peu timides nous accueille à Port au Port, juste à temps pour une petite randonnée en bordure de mer sur la Danny’s Trail. On a pu admirer de curieuses formations rocheuses façonnées par l’incessante action de l’eau. Ça sent bon, l’air est doux, nous marchons sans hâte.













Parc du Boutte du Cap

Un petit trésor nous attendait au bout complètement de la péninsule. Une autre randonnée mais qui nous a totalement décoiffé au sens propre et au figuré. Dans la brume épaisse du matin, nous arrivons au stationnement vers 11:30. Nous sommes presque seuls. Dans une petite cabane, le jeune et super sympathique Ashton (franco-terreneuvien) nous reçoit. Il est occupé à façonner de petites boulettes de pâte à pain qu’il fera ensuite cuire dans son four à bois. Une gracieuseté offerte par la communauté francophone de Cap St-Georges. Délicieux avec une touche de beurre salé!






Mais ce qui nous a vraiment envoûté nous attendait à quelques pas de sa cabane, sur le sentier Les Miettes, une côte lacérée aux falaises de géants qui se perdent à l’horizon aussi loin que portent nos regards. Émouvant, sans mot, tout petit, genre fourmis!















Lark Harbour


On reprend la transcanadienne vers le nord et on bifurque à Corner Brook, direction Lark Harbour sur le bord de la mer. On a fait trois magnifiques randonnées dans ce secteur, deux petites et une grosse.



James Cook Heritage Trail

Dans le parc provincial Blow Me Down, un sentier permet de se rendre au bout de la péninsule qui pointe dans la Bay of Islands. Il a plu beaucoup ces derniers jours ici et le sentier est très très boueux… on se limite au premier kilomètre plutôt sec qui nous offre tout de même un point de vue sur la baie.






Haïku de Sushi
Sentiers, caps, forêts
Les arômes m’envoûtent
L’été maritime

Bottle Cove

Petite randonnée en bordure de mer… difficile de se lasser de ces panoramas qui ont tous leur personnalité propre, leur amalgame de fleurs, d’arbustes maritimes, d’épinettes naines et tordues qui résistent vaillamment à l’assaut des vents.








Cape Blow Me Down Trail

Le soleil est au rendez-vous pour notre longue randonnée (9 kilomètres). Ascension modérée mais avec un dénivelé soutenu. La chaleur et l’humidité sont nos compagnons de sentier. Ils nous concoctent des arômes forestiers variés et enivrants faisant ressurgir des souvenirs de jeunesse. Et puis, l’arrivée au-dessus des derniers arbres, quel feeling satisfaisant. Les derniers mètres avant le sommet, quelle récompense! Un plateau de collines percées de petites mares s’étale à l’infini vers le sud, devant nous la mer, la Bay of Islands.




















Petite baignade dans la mer dans le parc provincial Blow Me Down 






Petits moments inédits…










Commentaires

  1. Sublime ! Quelle Joie de vous lire !
    Karine , la retraitée !

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  2. Anne, en regardant les photos, je comprends ton émotion arrivée au sommet! Quelle belle aventure les amis 🙏 A bientôt 😘

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  3. Toujours aussi captivant, beau, grandiose et sympathique que les posts précédents! Les formations rocheuses, la mer bleue, la verdure, les plantes, les topos, votre set-up, c'est magique, magnifique! À +!

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  4. Des plus agréables de vous suivre. Bisous. Sergio

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  5. Végétation rabougri donnant de la portée au vent et permettant de voir loin devant, wow! De toute beauté!!! Merci de partager avec nous. Xxx

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  6. Crazy wild hiking! The photos are amazing, as usual. And the haiku poignant. Watch for more fun Newfoundland names, like Blow me Down. Don't you just love them?! [didi]

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  7. C’est si beau votre voyage merci de partager avec nous les photos wow ça me fait voyager à travers votre voyage 🔆🧘🏻‍♀️🦀🌊🪨🧗🏼‍♀️🗺️ Marie -hi hi hi

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    1. C'est magnifique!!!!! Tres belle!!! (Again, limited French. Je le regret.) Keep having fun!! Tim

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  8. Épélaye ! Juste un mot : Flabergastée !
    Ah pis, quelques autres mots : des roches, des roches, des roches, le paradis des roches ! Aie là, touche pas à mes roches !!! Soeurette Osio xx
    p.s. Sushi, couchée, un oreiller sur la tête, les joues roses, t'as eu un malaise ?

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  9. Magnifique !!! Toujours aussi intéressant!!! Il existe une expression : clair comme de l’eau de roche. C’est le cas de le dire à la mer dans le parc Blow Me Down ;) Merci de nous partager votre voyage!!!
    Les voisins xx

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