Sur la trace de mes origines siciliennes
En quittant Palermo par l’est, on file un moment le long de la mer puis on bifurque vers les collines de l’intérieur de l’île, destination : la petite ville de Ventimiglia di Sicilia, située à 45 km de Palermo. La route est sinueuse et le paysage bucolique à cette heure matinale. Les flancs des collines sont plantés d’oliviers et d’autres arbres fruitiers. Les rochers affleurants forment par moment des pics brunâtres à travers la broussaille d’arbustes. Quelques pins maritimes s’élancent élégamment avec leur cime en forme de parasol vert. Les maisons sont bien entretenues, les détritus orphelins sont peu nombreux. La campagne bat à un rythme qui nous convient parfaitement, surtout après Palermo.
En 1903, mon grand-père maternel, Giacomo Rini, est né à Ventimiglia. Mon arrière-grand-père, Filippo Rini (né en 1883) et sa femme, Girolama Pagano (née en 1884), étaient de modestes gens vivant dans une petite maison (26 via Principale) qui se trouvait (et qui s’y trouve toujours!) en périphérie de la place centrale. Salvatore, le frère de mon grand-père, naquit en 1905 lui aussi à Ventimiglia.
À cette époque, beaucoup de familles et d’hommes siciliens cherchaient à quitter la Sicile pour dénicher le rêve américain. La vie était dure en Sicile, surtout à la campagne, et les prospects d’une vie épanouissante peu reluisants. Ainsi, mon arrière-arrière-grand-père Giacomo Rini (même prénom que mon grand-père!), accompagné de ses deux fils Filippo et Giuseppe, se rendirent jusqu’en Louisiane pour travailler dans les champs de canne à sucre afin de gagner assez d’argent pour y amener leur familles respectives, sauf Giuseppe qui demeura célibataire toute sa vie.
Ainsi, en 1907, Filippo et Girolama quittèrent Ventimiglia avec leurs deux enfants (Giacomo et Salvatore) et s’embarquèrent sur un paquebot pour aller se refaire une nouvelle vie aux États-Unis. Ils arrivèrent, comme des centaines de milliers de leurs compatriotes, à Ellis Island pour y faire la quarantaine et se rendirent ensuite à New York. N’aimant pas les grandes villes, ils quittèrent rapidement la mégalopole de New York et allèrent s’établir dans la petite ville de Wellsville (Ohio). Ils eurent six autres enfants, tous nés aux États-Unis.
Jeune homme, mon grand-père quitta le nid familial et émigra au Canada. Il s’installa à Kingston (Ontario) où il rencontra ma grand-mère et fonda une famille. Ma mère naquit en 1936, ils la nommèrent Girolima. Seule fille dans la famille, elle eut quatre frères. Malheureusement, l’ambiance de l’époque faisait en sorte que les enfants n’apprirent jamais l’italien… le mot d’ordre était de se fondre dans la masse, de ne pas faire de vague, bref de s’assimiler!
L’émotion grandissait au fur et à mesure que nous approchions de l’entrée de la ville. La route que nous suivions, les paysages que nous traversions, les montagnes qui surplombaient, tout ça faisait partie de la réalité quotidienne de mes arrière-grands-parents depuis leur naissance. Et nous sommes arrivés aux limites de la municipalité.
Le meilleur moyen de retracer quelqu’un en Europe est d’aller au bureau de la municipalité et de demander de voir les registres de naissance. Ce que nous fîmes. Nous étions sur une mission : retrouver les traces des mes aïeux. Nous nous sommes donc pointer au bureau de la municipalité, armés de quelques mots d’italien…
La chance nous a sourit car dès notre entrée et notre premier contact, les gens ont commencé à s’intéresser à nous. Tout particulièrement Filippa et son collègue Antonino. À partir du moment où ils ont compris ce que l’on recherchait, ils se sont lancés dans une quête effrénée, fébrile et passionnée. Comme une scène d’un film de Fellini. Ils ont trouvé dans les registres les fiches de mon grand-père et de mon arrière-grand-père. Ils ont fait des appels auprès des descendants de la famille Rini vivant à Palermo. C’était tellement drôle et touchant de les voir s’exciter à faire des liens avec les Rini qu’eux-mêmes connaissent. Décidément, ils ont été formidables. Ils nous ont aidé à retrouver la rue où Fillipo et sa femme ont vécu avant de quitter pour les États-Unis, la maison où mon grand-père est né.
Une fois gavé de toute cette énergie et de cette mine d’information nous entreprenons d’errer dans les rues de la ville et de retrouver la rue où mon grand-père était né. Une petite ville coquette, pentue, fière, propre, aérienne, tranquille, perdue dans le bleu de l’azur au milieu des collines environnantes.
26 Via XX Settembre (lieu de naissance de mon grand-père)



























Merci pour le partage de cette belle histoire!
RépondreSupprimerBelle aventure! Probablement un peu d’émotion assis devant la maison de tes ancêtres! Lucie
RépondreSupprimerHow absolutely wonderful! Congratulations on your sleuthing efforts!
RépondreSupprimerMais ce que c'est passionnant toute cette recherche et d'avoir trouvé l'adresse de la maison qui existe encore, ouf!... émouvant en effet j'imagine!!! Et j'imagine (encore!) que Geri va être drôlement impressionnée de voir ce papier de proche!
RépondreSupprimerQue c’est émouvant! Je suis tellement contente pour toi! C’est vraiment comme dans un film ! Mission réussie 👌! C’est beau de vous voir!
RépondreSupprimerC’est émouvant cette histoire wow ta marcher au même endroit que ton arrière grand -père est née ♥️!!
RépondreSupprimerMarie-hihihi
WOW!!! C’est vraiment extraordinaire de retrouver nos origines 😲 Quelle aventure!! Très touchant et très intéressant!! J’aime bien vos vidéos ! Les voisins xx
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