Y’a des jours de plaine (partie 1)




Y’a des jours de plaine, on voit plus loin que la terre…

Quitter les interminablement belles forêts du Nord Ontario et entrer dans la grande plaine, c’est magique. Comprendre que le très ancien bouclier canadien cède sa place aux sols très fertiles qui se sont développés après le retrait des eaux de plusieurs lacs proglaciaires, nous laisse pantois et humble devant ces prairies infinies qui vont s’étirer jusqu’en Alberta. Les lacs Winnipeg et Manitoba sont les derniers vestiges du lac proglaciaire Agassiz qui s’est vidé dans la baie d’Hudson, il y a 7700 ans.



Dès les premiers kilomètres au Manitoba, on constate tout de suite l’étendue de la colonisation francophone qui a suivi l’époque des découvreurs et des coureurs des bois. Richer, Ste-Anne, Beauséjour, Marchand, St-Boniface, Marquette, Lorette sont autant de nom de rue, de village et de ville où le français perdure toujours. La traversée du Manitoba nous fait remonter l’histoire de nos ancêtres mais celle aussi, indissociable, des Métis qui ont prospéré jusqu’au début de la Confédération (1867) grâce à un mode de vie parfaitement adapté aux plaines (chasse bisannuelle du bison, agriculture et commerce).




Louis Riel (grand leader Métis) portait le rêve et l’espoir de créer la 5e province du Canada selon les valeurs et les traditions des Métis. Les canadiens anglais de l’époque avides de développer les prairies et l’ouest canadien n’avait que faire de ce rêve et ont pendu Riel le 16 novembre 1885, pour crime de haute trahison. La traite des fourrures pendant plus de 200 ans a créé la richesse colossale qui a permis de construire le chemin de fer transcanadien qui, à son tour, a créé les immenses fortunes qui ont servi à développer et industrialiser les prairies et l’ouest. À partir de 1885 (date de la fin de la construction du chemin de fer transcanadien), les Métis et les peuples autochtones perdaient toute pertinence dans le grand projet canadien. Quand on y repense aujourd’hui, au fil de nos découvertes, on se dit que c’est d’une tristesse infinie.

Winnipeg, coquette ville qui a su tiré profit du site historique où se rencontrent les rivières Rouge et Assiniboine qui coulent paresseusement vers le baie d’Hudson. Dans le quartier Forks, on a créé de vastes espaces boisés sur les berges où l’on retrouve le Market Place, des espaces de spectacles extérieurs et des terrasses animées. Très agréable pour y passer quelques heures. Le quartier francophone de St-Boniface est un haut lieu de l’histoire de la ville. Les rues sont bordées de grands ormes et de peupliers qui étaient en pleine période de fructification… Des amoncellements de semences d’orme partout dans les rues et les graines plumeuses des peupliers flottaient dans les airs comme une tempête de neige. On a retrouvé la maison natale de l’écrivaine Gabrielle Roy que Sushi adore. Le musée Louis Riel, situé dans l’ancien couvent des Sœurs Grises, vaut vraiment la visite. Oui oui oui, les mêmes Sœurs Grises qui ont quitté Montréal pour venir « éduquer » les filles autochtones aux manières des Blancs. Nous avons visité la ville à vélo en empruntant les nombreuses pistes cyclables, dont deux très belles qui longent les deux rivières. Ah oui, on est tombé par hasard sur la dernière journée du Winnipeg Pride Festival qui se tenait sur le site du quartier Forks, près de la rivière Rouge. C’était chouette! Un gros merci à notre ami Brent (natif de Winnipeg) qui nous a fourni moultes informations et suggestions touristiques.



















On quitte Winnipeg. La chaleur caniculaire nous suit depuis le début de notre voyage. On roule sur l’infini, à 95 km/h. C’est long longtemps l’infini à cette vitesse! Un petit arrêt au parc national Riding Mountain… première averse depuis le 29 mai…



On entre en Saskatchewan par une petite route perdue dans la grande plaine. Tellement différent! Les champs à perte de vue sont criblés de petits étangs ou encore de petits lacs où foisonnent les oiseaux aquatiques. Direction, le parc provincial Buffalo Pound. On croise des îlots carrés d’arbres et de verdure plantés autour des maisons pour les abriter des grands vents. Tout juste avant d’arriver au parc, on a la chance d’admirer deux antilope d’Amérique qui flânaient près de la route.

L’arrivée au parc se fait sous un ciel d’orages violents. Le ciel va nous tomber sur la tête, les dieux sont fâchés c’est sur! On en profite pour faire deux brassées de lavage avant le souper. À peine terminée la lessive, le ciel se déchaîne. Au y’able le plan de match pour le souper, on ouvre une bouteille de vin et on sort le sac de chips…





Le lendemain, on sort les vélos pour faire une petite virée dans le parc. C’est un parc réputé pour ses pistes de vélo de montagne. Notre projet d’aller en vélo voir les bisons dans un vaste enclos tombe à l’eau… les pluies ont rendu le chemin d’accès en gravier trop mou pour circuler. On rebrousse chemin et on se rend sur les rives du lac observer des
pélicans blancs. Retour au camping pour chiller, relaxer le reste de la journée… et travailler sur le post…
















Commentaires

  1. Merci pour les morceaux d'histoire qui pimentent agréablement vos belles photos, C'est quelque chose d'impressionnant de voir de voir les plaines s'étirer en vrai et c'est vrai que c'a peut être long longtemps. A votre retour, voir les tiges de blé mures ondulées sous le vent à presque l'infini c'est beau aussi mais longuet aussi. Bonne route. Dan&Laura

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  2. Marie et Denis en direct de Baie St-Paul6/14/2023 5:18 PM

    Hey! C’est cool! Hâte de lire la partie 2 !😉

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    1. Texte splendide avec, entre autres, les ti bouts de phrases suivants ... "on voit plus loin que la terre..." et ... "on roule sur l'infini"..., ce qui me donne le goût de continuer à planer avec vous encore et encore. Merci de partager :) !!!

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  3. Trop drôle ce post. Des pélicans en Saskatchewan ? !

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