Bonavista
La péninsule de Bonavista est une des nombreuses péninsules de la côte est de Terre-Neuve. Elle fait 85 km de longueur par 15 à 40 km de largeur. La péninsule sépare la baie de Bonavista, au nord, de la baie Trinity au sud. Elle est reconnue comme le premier endroit où l'explorateur Jean Cabot a touché terre en Amérique en 1497. Comme le reste de Terre-Neuve, la péninsule de Bonavista est faite de collines boisées qui se jettent abruptement dans la mer le long d'une côte très découpée.
Nous décidons de quitter la transcanadienne et d’emprunter les petites routes qui longent la côte. Nous croisons plusieurs petits villages qui ont traditionnellement tiré leur richesse de la pêche à la morue. Mais celle-ci n’est plus ce qu’elle était et la diversification économique est difficile pour cette région relativement éloignée des centres urbains. D’ailleurs, c’est un exploit d’aventurier de trouver une épicerie digne de ce nom sur cette grande péninsule… à part la petite ville de Bonavista, c’est plutôt maigre… Mais cela ne nous empêche pas de poursuivre nos découvertes et émerveillements le long de la côte terre-neuvienne.
Sea Arch (Tickle Cove)
La pointe rocheuse qui s’élève et s’étire dans la mer est composée de roches sédimentaires, du grès rouge, du siltstone et des conglomérats. L’érosion a creusé des cavernes au fil des millénaires qui peu à peu ont percé complètement le roc formant une arche splendide. On y voit également des intrusions de granit blanc qui se sont faufilées grâce aux pressions et à la chaleur telluriques entre les couches de sédiments.
La mâchoire grande ouverte et déambulants sur ces falaises, on fait la rencontre d’un biologiste marin d’Angleterre qui se promène avec sa petite antenne à la main. Il nous raconte avec son succulent accent British qu’il essaye de repérer avec son récepteur radio des balises GPS que lui et ses collègues avaient placées sur le dos d’un petit groupe de baleines bleues. Il vit dans le petit village depuis un an… et travaille sur sa maîtrise ou son doctorat. Un passionné des baleines!
Au bout de la ville de Bonavista, on prend un petit chemin qui serpente à travers les landes maritimes dénudées et qui nous dirige jusqu’au phare du cap. L’endroit est aérien mais c’est aussi le lieu où l’on peut observer d’assez près une colonie de macareux moines et de goélands argentés en plus des cormorans. Perchés sur un piton rocheux, c’est un spectacle magnifique de voir ces macareux à la démarche un peu gauche, s’élancer dans le vide et s’envoler pour faire le tour du piton et atterrir pas très long de leur terrier. Ambiance : le son des goélands qui piaillent et des vagues qui s’écrasent… la lumière du ciel et celle de la mer… Ah oui, ce serait aussi l’endroit où Giovanni Caboto aurait mis les pieds à terre en 1497, s’exclamant « O buon vista!
Une autre incroyable curiosité géologique! Les falaises de la côte à cet endroit sont formées de roches sédimentaires, du grès, alors que la cheminée est une intrusion de roches ignées beaucoup plus dures que le grès et ayant résistées beaucoup mieux à l’érosion.
Puffin Colony (Elliston)
On peut observer de très près une autre colonie de macareux moines à Elliston. Sur le même site, on y retrouve de nombreux caveaux en pierre ayant été construits pour entreposer des légumes tout au long de l’année. Le village compte 133 caveaux documentés dont certains sont encore utilisés aujourd’hui. Elliston est la capitale mondiale des caveaux à légumes (root cellars)!
Un sentier de 5 km qui offre des coups d’œil SPECTACULAIRES sur les falaises abruptes et la côte accidentée de Trinity.
Visite du centre historique de Bonavista
Au cours du xvie siècle, Espagnols, Portugais, Français et Anglais pêchaient tous au large du Cap Bonavista, la présence des marins ibériques déclina à partir de 1580, laissant l'exploitation exclusive aux Français et aux Anglais. La tension entre ces deux nations donna lieu à des affrontements réguliers, dont le point culminant fut l'échec des Français qui tentaient d’incendier Bonavista en 1704. De nos jours, Bonavista est une petite ville vivant essentiellement du tourisme et des services gouvernementaux. Elle a réussi à conserver un cachet d’antan en favorisant la préservation et la restauration des bâtiments historiques en bois.
Sentier Brook Point (King’s Cove)
Le littoral est formé de couches de roches sédimentaires vieilles de plus de 570 millions d’années. On peut y observer différentes couleurs et textures causées par la composition variées des minéraux qui les composent. Un agréable sentier en bordure de la mer nous guide jusqu’aux falaises multicolores. Tel un petit joyau bien caché, au sommet d’une petite butte, s’offre à nos yeux cet époustouflant décor maritime. Juste pour nous…
Un peu plus loin, après avoir passé King’s Cove, on suit une route sinueuse qui nous mène jusqu’à Duntara. Un petit bled où y vive une trentaine d’habitants. L’endroit est si calme, quelques personnes vaquent à leur occupation, le bruit des vagues attire notre regard vers le rivage. Léchée par les vagues, une formation de vieilles roches sédimentaires rouge vif présente ici des craquelures en surface formées il y a plus de 550 millions d’années. En effet, lorsque les sédiments se déposaient en couches au fond de l’eau, celles-ci furent exposées périodiquement à l’air, puis immergées de nouveau, de façon cyclique.
Site géologique Devil’s Footprints (Keels)
Keels surprend dès les premières approches en arrivant. Le minuscule village a été bâti en bordure d’une anse caractérisée par la présence de gros affleurements de granit arrondis perçant le peu de sol présent. En déambulant sur un petit chemin, on est estomaqué par le sentiment d’entrer dans le roc qui surplombe de chaque côté. Les maisons sont disposées autour des ces affleurements, parfois même adossées à ceux-ci. En bordure du chemin, on peut observer des trous ronds dans la pierre formés par d’anciennes concrétions (nodules carbonatés) qui se sont érodées au fil des millénaires y laissant des trous.


































































































Superbes photos ! Définitivement,Terre-Neuve, c’est vraiment un autre monde! Quelle chance cette rencontre d’un passionné des baleines 🐋
RépondreSupprimerEt, c’est vrai qu’ils ont l’air de clowns heureux ces charmants macareux!
I agree with Marie: such awesome photos! And a poem about puffins. Exquisite!
RépondreSupprimerOh, boy! Encore une fois, les couleurs sont frappantes... le bleu-vert des eaux, le orangé- rouge des pierres, Pierre, le haut du phare qui illumine le tit nuage, so cuye!
RépondreSupprimeronelenuahr
Oupsi, j'écrivais "so cute" ... et là, un mot inconnu s'est glissé subrepticement, hi, hi! Ce qui indique que c'est l'heure de vous laisser temporairement pour evoir bientôt vos belles binettes sur le 16e blog, yes!
RépondreSupprimerFASCINANTE ROCHE. La Chaussée des Géants de Led Zep peut bien aller se rhabiller !! Soeurette Osio xx
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