Quetzaltenango ou Xela pour les intimes… 1ère partie

Xela est la seconde ville la plus populeuse du Guatemala. Tout comme Guatemala City, Xela n’est pas une belle ville. Ville tentaculaire qui s’étire très haut sur les flancs des collines. Le béton y règne en maître et l’architecture est complètement hétéroclite. Oui, il y a bien un quartier historique à Xela, autour du Parque Centroamerica, quelques vieux bâtiments coloniaux mais la beauté n’y est plus vraiment, ils ont comme été oubliés par le temps et on passe devant sans ressentir de frisson.

La pollution de l’air est omniprésente, irritante et il faut une bonne dose de courage pour arpenter les rues dénuées d’arbre ou de végétation où règnent les véhicules à combustion de tous types. On comprend rapidement ce que veut dire combustion… Mais qu’est-ce qu’on fout ici!?!? En plus, la température la nuit flirte autour de 0 C.

En fait, on vient à Xela pour se sauver le jour dans les montagnes environnantes à la découverte des campagnes et des villages mayas ainsi que des nombreux attraits naturels… c’est exactement ce que l’on a fait! C’est vraiment une expérience immersive à l’écart des touristes. Tout ça nous a un peu déstabilisé au début mais on l’apprécie beaucoup maintenant.



San Andres Xecul possède une très vieille église jaune safran qui témoigne du syncrétisme catholique-maya existant au Guatemala. Le syncrétisme est un mélange d’influences qui est visible, dans la cas des églises, dans les éléments décoratifs sur la façade ou sur les murs intérieurs. Dans le cas de San Andres, la façade est richement décorée de personnages « non catholiques », de colonnes torsadées, de fleurs et de motifs qui émanent de la culture et des croyances mayas. Pas de statue de saints, de fioriture catholique et autre élément décoratif fortement chargé de la foi catholique que l’on retrouve sur les bonnes vieilles églises et cathédrales ailleurs en Amérique latine. Il s’agit en fait d’une forme d’accommodement raisonnable que les pères franciscains et autres moines du même acabit ont accordée aux mayas dans le but de faciliter leur conversion vers le catholicisme.

Les gens de San Andres vivent principalement de la culture du maïs. Les petites rues convergent soit vers la place centrale, soit vers le pied des montagnes sur lequel est adossée la ville. On y croise beaucoup de femmes de tout âge portant les costumes traditionnels multicolores.






La petite ville de Zunil (2076 m d’altitude) est aussi une ville où prospère les cultures maraîchères qui se fait dans le fond de la petite vallée mais aussi à flanc de montagnes sur des pentes assez raides. Les sols, qui se sont développés sur des dépôts épais de cendres volcaniques, sont très fertiles dans toute la région. L’église de Zunil est plus classique dans sa forme quoique très colorée avec ses immenses colonnes torsadées. La ville a été fondée en 1529.




Un bon matin, de très bonne heure, emmitouflés dans notre polar et nos vêtements chauds, nous sommes allés nous réchauffer dans les bassins de la station d’eaux thermales Fuentes Georginas, qui sont situées à 2500 m d’altitude sur le flanc du volcan Zunil. On y accède par un petit chemin de terre qui serpente à travers les champs cultivés, le paysage est magnifique, les volcans nous observent! Découvertes en 1902, elles ont été aménagées par la municipalité en 1932.





Les eaux thermales sont renommées pour leurs propriétés médicales. C’est un lieu de relaxation et de spiritualité pour les guatémaltèques… et aussi les touristes. Nous sommes arrivés tellement tôt que nous étions seuls dans les bassins jusqu’à l’arrivée d’une petite famille 30 minutes plus tard. On a passé un moment tout à fait magique et relaxant dans cet univers de verdure luxuriante à flotter langoureusement dans ce court bouillon légèrement sulfureux. Un de nos coups de cœur!










Salcajá, ville de textiles et de tisserands qui possède la plus vieille église (Ermita La Conquistadora de la Inmaculada Concepción) d’Amérique centrale, construite en 1524. Voici un autre exemple de syncrétisme religieux. Cette fois on y voit des épis de maïs, des ananas, des raisins dans des jarres, des jaguars, des bananes, en plus des motifs mayas sur le bord de la corniche en façade. Tout à fait magnifique!







Alors que nous admirions l’église, nous avons croisé un homme âgé, Daniel, qui nous a fait la conversation et qui nous a invité chez lui pour voir son minuscule atelier de tissage et ses productions. Quatre générations de tisserands! Nous avons rencontré son fils qui poursuit fièrement la tradition et qui nous a offert des délicieux tacos maison au porc grillé.










Commentaires

  1. Coucou! C’est encore moi. 😉
    Toujours contente de suivre votre voyage et vos découvertes, belles et moins belles.
    Anne, que fais-tu sous ce fichu blanc? hihi!
    Vous avez l’air vraiment bien dans ce bain nature! Profitez-en bien!

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  2. Allô Marie, j’essayais de faire sécher ma serviette au soleil. Pierre a vraiment le tour de croquer ce genre de cliché un peu embarrassant!
    Sushi xxx

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  3. Ah! L'aménagement des tisserands me fait penser au sous-sol avec murs de pierres chez grand-m'man quand elle tissait ses catalognes! Cool! Et ces constructions colorées, ces choux à perte de vue, cette vue du volcan et ces sources thermales confo, c'est super! Je dirais même plus, c'est magique! À +!
    R .++.

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  4. Les paysages sont vraiment beaux. Je me verrais bien dans les champs pour cultiver des légumes! :) La vue sur le volcan est magnifique!
    Bonne continuation de voyage et portez-vous bien!
    Marcelle xx

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  5. C'est magnifique, ces lieux! Vive votre sens du dépaysement et la quête de l'authentique! Et Merci pour vos partages. Tu dois avoir été envoutée, Anne, avec ce lieu de tisserands et leurs réalisations!

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