Dawson City… ruée vers l’or du Klondike

Nous y voilà… Dawson City et sa folle ruée vers l’or! Une ville fière et riche en histoire qui a survécu à l’éphémère gloire et au faste de la richesse qu’ont procuré les tonnes d’or qui sont sorties du lit des cours d’eau situés en amont de la ville.

La ville a été établie à la jonction de la rivière Klondike et du fleuve Yukon sur les terres ancestrales des Tr’ondëk Hwëch’in qui ont été délogés et relocalisés à plusieurs reprises pour accommoder les ambitions des prospecteurs.

En 1896, il y avait déjà plus d'un millier de mineurs qui faisaient de la prospection dans le bassin hydrographique du fleuve Yukon dans l'espoir de faire fortune. La plupart s'affairaient dans les ruisseaux et les affluents non loin de là où on avait déjà trouvé un peu d'or, mais quelques centaines sillonnaient la région à la recherche du filon mère. Ce n'était qu'une question de temps avant la prochaine grosse découverte.

Le 17 août 1896, durant un voyage de chasse près du ruisseau Rabbit, George Carmack, Skookum Jim et Dawson Charlie ont trouvé le gros lot : une quantité renversante d'or grossier! Ils ont immédiatement jalonné des claims et rebaptisé le ruisseau « Bonanza ». Cette découverte allait déclencher la dernière grande ruée vers l'or du XIXe siècle.


Pour se rendre à Dawson City, les gens devaient prendre le bateau de San Francisco ou de Seattle jusqu’à Skagway ou Dyea et, de là, se lancer à pied sur la Chilkoot Trail qui traverse la chaîne côtière et parcourir environ 800 km avant d’arriver à Dawson City. Le gouvernement canadien imposa que chaque prospecteur emporte de quoi manger pendant un an, et la plupart transportaient seuls leur équipement, dont le total atteignait fréquemment la tonne. Le terrain montagneux et le climat glacial firent que ceux qui n'abandonnèrent pas, ou ne périrent pas durant le voyage, n'arrivèrent qu'à l'été 1898. On évalue que sur les 100 000 prospecteurs partis pour le Klondike seulement 30 000 d’entre eux y sont parvenus et 4000 d’entre d’eux trouvèrent de l’or.






La ruée vers l'or du Klondike a transformé un simple camp de pêcheurs d'été en une ville de 40 000 habitants en 1898Les campements établis le long des ruisseaux se sont aussi développés pour accueillir les nouveaux venus.




Dans les champs aurifères, il n'y avait plus une seule parcelle qui n'avait été jalonnée et quantité de chercheurs d'or sont retournés chez eux désillusionnés. 
D'autres ont eu l'idée de faire leur fortune en comblant les besoins de mineurs devenus millionnaires. Les biens de luxe importés et la panoplie de services qu'on y offrait ont valu à Dawson City d'être baptisée le « Paris du Nord ».

Rapidement, toutefois, la saturation des terrains et la découverte d'autres gisements aurifères en Alaska fait diminuer la population, qui tombe à 20 000 en 1902. Rapidement, l'exploration minière deviendra l'affaire des grandes sociétés. À l’époque de la ruée vers l’or, Dawson City était la plus grosse ville au nord de Seattle et à l’ouest de Winnipeg. En se promenant dans les rues de la ville aujourd’hui, c’est difficile d’imaginer les excès de tous genres et la frénésie qui régnaient à cette époque.

« Plaisirs débridés, avares, riches, débauche, cœurs brisés, scorbut, engelures, suicides, soleil de minuit, nuit polaire, aurores boréales, terre de richesse et de paradoxe, voilà ce qu'était Dawson en 1898 (NEVILLE ARMSTRONG, PROSPECTEUR).








Mais Dawson a survécu ces années folles et, de ville champignon, est devenue une communauté à part entière où vivent 1600 personnes. Le tourisme est devenu le principal secteur d’activité économique et des visiteurs de partout dans le monde viennent s’imprégner des lieux et de son histoire. Histoire qui a inspiré de nombreux films hollywoodiens, écrivains célèbres (Jack London, qui y a vécu de 1897 à 1898) et artistes. Et on y cherche toujours de l’or… mais ce sont désormais de gros projets d’investissement qui monopolisent la scène, les gold panners font désormais partie du folklore!


Les paysages et les écosystèmes riverains de tous les cours d’eau ont été fortement perturbés au fil des 125 dernières années. Les cicatrices sont encore très visibles. Sur cette photo satellitaire de la rivière Klondike (Google Maps), on peut y voir les amas de rebuts en forme de serpentin laissés par les dragues qui écumaient le fond des cours d’eau pour trouver de l’or.




Si vous souhaitez en apprendre davantage sur cette époque épique, vous pouvez visionner le magnifique film documentaire
City of gold (durée : 21:42 minutes), réalisé par Wolf Koenig et Colin Low en 1957, qui a remporté le prix du documentaire à Cannes la même année et qui a été nominé pour l’Oscar du meilleur film en prises de vue réelles en 1958.


Il y aurait tant de choses à écrire encore sur cette ville aux rues de terres battues mais bon, il est tard (23h14) et le soleil ne se couchera pas avant 00:20!!!) et de toute façon, il faut venir y faire son tour… vraiment, un gros coup de cœur!
































Commentaires

  1. Oh WoW ! C’est vraiment spécial! C’ effectivement comme dans les films. Merci de nous rappeler ce bout d’histoire! Et Le Soleil ☀️ de minuit!

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  2. Vraiment! Le texte, l'information, les photos, le film, l'ambiance, tout y est! Encore de la crème glacée!!! Looks good, and the t-shirts too!!! Have fun!

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  3. C'est une épopée qui est très bien raconté . Merci pour le tour d'histoire.Dan& Laura

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