Whistler, hier et aujourd’hui


En décembre 1979, juste un peu avant Noël, le train de passager en provenance de Vancouver s’arrêta en face (littéralement dans l’arrière-cour!) de l’auberge de jeunesse de Whistler. Je débarquai, sans le savoir, dans un univers magnétique et initiatique qui allait marquer le restant de ma vie adulte. C’est là que tout a vraiment commencé pour moi. J’avais à peine 18 ans.










L’auberge était comme un lieu de ralliement pour les jeunes (et moins jeunes!) voyageurs de partout dans le monde. J’ai rencontré plein de gens, notamment David (alors âgé de 16 ans) qui habitait une petite cabine sur le terrain de l’auberge avec ses parents, sa sœur et son frère. Dale et Mike étaient en charge de gérer au quotidien l’auberge. Deux personnes formidables qui aimaient profondément les jeunes voyageurs et leur boulot. David et moi sommes devenus des amis instantanément et avons gardé contact depuis ce temps.



C’est donc avec beaucoup d’émotion et de nostalgie que Sushi et moi avons re-découvert Whistler. Car oui Whistler a tellement changé depuis 44 ans, et c’est un euphémisme. Quand je suis arrivé en 1979, ce n’était qu’un minuscule bled qui s’était construit au pied des gondoles de la station originelle de ski alpin de Whistler. Quelques hôtels et restaurants, une station essence-dépanneur Husky, des chalets un peu éparpillés dans la forêt ou encore sur les rives du lac Alta et une remorque de 50 pieds stationnée dans un terrain vague dans laquelle s’était installé le B.C. Liquor Store. Mais aussi plein de chantiers de construction où s’affairaient comme des fourmis une pléthore d’entrepreneurs occupés à bâtir le futur de Whistler. Pour un jeune comme moi (et des centaines, voire milliers d’autres au fil des ans) c’était véritablement le Klondike! On pouvait trouver une job bien payée à 8h le matin et changer de job 3 fois avant 17h dans la même journée… C’est donc là que me suis fait du fric avant de descendre au Mexique pour y passer quelques mois à l’hiver de 1980.

Je suis resté à Whistler pendant 2 ans et j’ai logé à plusieurs endroits, notamment à l’auberge et dans une petite cabine de squatter en pleine forêt. En effet, Dale, la mère de David, m’a offert de rester gratuitement (repas inclus) à l’auberge en échange de quelques heures par semaine de travail. Pendant le deuxième hiver, j’ai aménagé dans une cabine de squatter avec David et Heike, une allemande qui était ma copine alors. Construite en bois sur le bord d’un petit ruisseau où on y prenait notre eau, petite mais confortable, dotée d’une petite cuisinière au bois, on vivait la liberté ultime sur les terres de la couronne… gratos!

Sushi et moi avons passé deux merveilleuses journées à visiter en vélo et en randonnée la ville et la forêt environnante. Nous avons même retrouvé l’endroit où se trouvait la cabine de squatter… il n’y a plus aucune trace, évidemment, sauf la vieille cuisinière qui a été laissée dans le bois! L’endroit est maintenant une petite mise à l’eau pour les canots qui veulent accéder au ruisseau.




On a aussi passé du temps à profiter du soleil et à se baigner sur le quai de l’auberge qui a changé de vocation en 2010. C’est aujourd’hui un centre coopératif d’artistes locaux (The Point Artist-Run Centre) qui organise différents événements auxquels est conviée la population. Une partie des bâtiments sert aussi à un club nautique de voile. Les forêts et les arbres sont MAJESTUEUX!






Whistler, une incroyable immersion dans tant de souvenirs mais aussi la découverte d’un bled de ski bums qui est devenu en 44 ans une ville touristique de calibre mondial (Jeux olympiques d’hiver en 2010) très attrayante et bien pensée en terme d’aménagement. Vibrante et active toute l’année avec des tonnes d’activité extérieure, Whistler a atteint une maturité et s’épanouit avec une population locale bien établie et sa manne de touristes qui vont et viennent. Est-ce que nous reviendrons à Whistler, peut-être, pourquoi pas… une partie de moi vit ici.



















Après Whistler, nous sommes arrêtés chez David et Liz à Lions Bay pour célébrer l’anniversaire de David qui a eu 60 ans. De très belles retrouvailles dans un décor à couper le souffle!













Petite ballade en vélo dans Stanley Park et dans la ville de Vancouver…























Commentaires

  1. Très touchant et intéressant de connaître ces anecdotes Pierre!
    En passant, très beau petit médaillon à ton coup Pedro! Et Anne, je crois que tu as abusé du bon vin, c’est un arbre énorme que tu tentes d’encercler de tes bras!... hihihi hahaha!

    RépondreSupprimer
  2. Très beaux souvenirs baignés d’une douce nostalgie
    Whistler ma belle , comme Bruxelles ma belle de Dick Annegarn

    RépondreSupprimer
  3. Merci, merci de nous partager tout ça..! Ces photos, ces histoires.., et les émotions qui viennent avec. Ce m’a toujours impressionné ce grand saut dans le vide que tu as fais au début de ta vie d’adulte. Je t’enviais. Des décennies plus tard tu récidives avec ton amoureuse. Vous êtes beaux. Sergio.

    RépondreSupprimer
  4. C'est très touchant et émouvant de découvrir la genèse de ta vie d'adulte. Ton départ pour cette fabuleuse aventure reste flou dans ma mémoire. Mais je me souviens du retour de notre Ulysse, les yeux écarquillés ! C'est à ce moment que j'ai découvert mon grand frère. Josée xx

    RépondreSupprimer
  5. Ah ça alors, c'est comme si je retournais là-bas aussi! Passée par Whisler, puis Nanaimo et sa forêt de séquoias, traversée pour l'île de Vancouver, dodo à l'auberge de jeunesse de Victoria, collée sur le bord de la mer, frisquette, mais ensoleillée, près de la forêt de totems... puis passage par Kamloops, dans un autre camp de Katimavik, ou bien c'était Kelowna ? ... suivi d'un ti détour pour les glaciers, Jasper, Banff, Canmore et Calgary, ouf! Assez grandiose comme route!!! Vous en savez quelque chose, fun!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire